Salut.
Je reprends pratiquement les mots de mon premier roman, mais je ne sais pas réellement par quoi commencer. Ah, si. Ce samedi trente et un octobre deux mille vingt-six, j’ai la chance d’être marié depuis deux ans à une personne merveilleuse, et en couple avec elle depuis le vingt-deux février deux mille quatorze. Je t’aimerai toujours, Loulou. Voyons… on pourrait parler de quelques éléments soigneusement choisis de la journée d’hier, ça me semble pas mal.
Après un long trajet en transports en commun et un déjeuner près du juke-box à remonter le temps et des capsules néon, Loulou et moi, on est allés voir le film « Sanguine » en début d’après-midi, au Kinépolis de Lomme, sans s’attendre à grand chose. C’est cher, mais il y a de grandes chances que ce soit l’unique fois, cette année. Aujourd’hui, j’en sais toujours peu sur sa réalisatrice, en dehors de son nom à particule et de son ancien boulot dans la finance (deux éléments qui auraient probablement éveillé ma méfiance si j’en avais eu connaissance avant la séance, haha) : d’ailleurs, le personnage d’une trader à la Bourse, dans l’intrigue, semble être un portrait au vitriol de Marion Le Coroller écrit par elle-même, mais peut-être n’est-ce qu’une spéculation abusive de ma part. L’intro est efficace, et la symbolique de la scène finale aussi. Ça se passe principalement en milieu hospitalier, ce qui m’a évidemment beaucoup amusé par rapport à « Daimôn ». Enfin, en raison des expériences pourries que je me tape avec le monde invraisemblablement merdique et hypocrite du travail/de l’emploi depuis plusieurs années (et encore tout récemment), j’ai trouvé le message du film plus que bienvenu et sa forme très appropriée. Littéralement, le capitalisme déforme les gens jusque dans leur génétique.
Je fais une petite digression, mais ça me rappelle mon dernier stage, dans un établissement dont la mission affichée était l’inclusion des personnes en situation de handicap. L’une de mes collègues avait fait un malaise à moins d’un mètre de moi et tout le monde avait pris ça pour une blague, alors que j’ai presque immédiatement composé le numéro des urgences (et je me suis tapé une crise autistique après). Aller au-delà de ses limites, quitte à se tuer, pour un boulot qui ne nous apporte rien ou si peu, voire qui nous prend tout… c’est devenu la norme et c’est ça, la véritable horreur.
Je ne vais pas spoiler grand chose pour celles·eux qui décideraient d’aller voir, mais c’est un premier long-métrage. Le film n’est pas parfait, mais ça place tout de même la barre très haut pour la suite (« Il faut brûler Maman » d’Albert Dupontel me fait envie aussi, on verra bien si j’ai la possibilité de le découvrir).
Bon, par contre, je ne sais pas si c’est dû au rappel de vaccin qui a suivi à mon retour, à la perspective de reprendre les cours de conduite et les travaux dans mon logement, à mes pensées qui m’orientent de plus en plus vers un désir de performance ou au contexte socioprofessionnel naze duquel j’essaie de sortir, mais je suis vraiment, vraiment crevé (d’où le ralentissement global des projets artistiques ici). Disons qu’en ce moment, entre les normes entrepreneuriales et universitaires, j’ai l’impression d’être coincé dans un système qui combine le pire des deux mondes.
Mais alors, pourquoi un titre d’article aussi optimiste ? Est-ce dû à la magie de l’Alprazolam ? Non… il y a un sortilège plus fort à l’œuvre. C’est la perspective du plus beau des cadeaux. Ça faisait plus de douze ans que j’en avais envie. Depuis seize semaines et six jours, tu es là.
J’ai dessiné et mis en couleur un portrait de notre petite famille pour que, plus tard, tu puisses nous voir tous les cinq à ce moment de nos vies, même si tu es encore caché… Loulou, Kirin, Asahi… et toi, bien au chaud.
Je me bats tous les jours contre mes propres pensées, dans l’espoir de pouvoir te serrer dans mes bras.

En attendant, j’essaie de continuer à créer. Pas parce que je vais bien, mais parce que créer reste l’une des rares manières que j’ai trouvées pour continuer à avancer.
Il y a aussi du neuf sur ma chaîne YouTube. Finalement, j’ai décidé de donner vie aux chansons et aux poèmes que j’ai écrits, bien que je n’aie strictement aucune compétence musicale. C’est cathartique avant toute chose.


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