Chroniques du Seum


Salut à quiconque s’aventurant ici.

Aujourd’hui, pas de grand projet, juste des morceaux de ma carcasse.

Les textes qui suivront devaient être récités sur ma chaîne YouTube, peut‑être même chantés dans un album. Comme souvent, ça ne s’est pas passé comme prévu : ma voix foutait (trop) la trouille et mes essais de mixage étaient catastrophiques.

Alors je les pose ici, comme ça : Chroniques du Seum. Au cas où les vidéos finies ne sortent jamais, histoire de m’en souvenir et de ne pas avoir fait ça pour rien.

Des gribouillis et une sélection de dix textes qui mélangent humour trash, romantisme bancal et un peu de désespoir, parce que c’est ce que j’avais dans le ventre à ce moment‑là… et maintenant que j’y pense, ça n’a pas vraiment disparu.

Et je le précise, même si ça me paraît vraiment absurde de devoir le faire : je ne fais l’apologie d’aucune violence. Ni avec ces poèmes/chansons, ni avec aucune de mes productions. J’écris juste ce que je ressens et j’essaie de transformer le tout en expérience.

Curtis Clodo

Cœur triste, Curtis,
Clodo est mon nom…
Macaque débraillé…
Prêt pour l’abandon,
Je suis l’inverse de Sam :
Je picole, je conduis pas,
La vie m’a donné tant de Seum que j’envisage un attentat,
Il paraît que comme Lucifer, j’avais un sacré potentiel,
Mais j’suis dev’nu un sous-Satan vivant un tourment éternel !

CURTIS CLODO !
RICTUS ET MÉCHANTS CROCS !
Seul dans ma tête, courtois clochard, monstre habillé pour le boulot !
CURTIS CLODO !
T’EMMÈNE À L’ABATTOIR !
Et quand j’aurai mon bistrot…
Ton sang pur sera au comptoir…

Tous les jours… obligé d’enfiler ce costume d’humain !
J’ai fait du bus et du métro, liminal est mon quotidien !
L’hémoglobine est mon bain !
Aucun saint ne peut me voir !
J’use ma carcasse en vain,
POUR UNE POÉSIE NOIRE !
Une femme apprêtée, un jour, ne m’a pas donné l’heure…
Mais le surnom qui m’a suivi…
Pour le pire et le meilleur…

Quand j’entends vos mugissements d’ovins satisfaits et repus…
Pendant les entretiens d’embauche…
JE RÊVE QUE JE VOUS TUE !

CURTIS CLODO !
RICTUS ET MÉCHANTS CROCS !
Seul dans ma tête, courtois clochard, monstre habillé pour le boulot !
CURTIS CLODO !
T’EMMÈNE À L’ABATTOIR !
Et quand j’aurai mon bistrot…
Ton sang pur sera au comptoir…

Le monstre écrit des fictions,
Des mensonges et des chansons,
Pour mieux avouer sa vérité,
C’est la différence qu’il dessine !
Toujours puni depuis l’enfance,
Il en a perdu la raison !
IL A VERSÉ LE CONTENU DE L’INNOCENCE DANS SA BASSINE !

Pour oublier que je suis décédé,
Ça m’arrive de provoquer, de picoler,
Plus de batterie sur mon portable et j’ai trop connu le bitume,
Le silence m’est insupportable et je suis un déchet, j’assume…
Aux pseudo-mâles alpha ! Aux lâches complices de l’État !
Aux garants de l’oppression ! Aux champions de l’apparat !
Aux gens de bonne famille qui se croient plus intelligents,
Je baiserai vos ménagères,
J’empalerai vos enfants…

CURTIS CLODO !
RICTUS ET MÉCHANTS CROCS !
Seul dans ma tête, courtois clochard, monstre habillé pour le boulot !
CURTIS CLODO !
T’EMMÈNE À L’ABATTOIR !
Et quand j’aurai mon bistrot…
Ton sang pur sera au comptoir…

Goule à la sale gueule…
Sourire tracé à l’encre,
Mes parents avaient raison,
Je suis plus que diabolique !
À l’école, aux têtes de classe…
Je préférais les cancres,
Et depuis que je suis gosse,
Mon verbe est apocalyptique !
Eau ! Malt, houblon,
Poison et levure,
On dépend tous, d’une saloperie,
Ça, c’est sûr !
Ça m’rappelle mon tuteur de stage et ses airs de martyr,
Toujours à menacer ses collègues de crever, pour mieux fuir !
Il bloquait les nouveaux,
TOUT EN JOUANT AUX GUIDES !
MAIS SES ACTIONS TOUT COMME LUI ÉTAIENT MESQUINES ET VIDES !
Tu trouves l’existence froide… cruelle et monotone ?
Le singe aux yeux blancs te dit :
« ÉTEINS LE SONOTONE !!! »

CURTIS CLODO !
RICTUS ET MÉCHANTS CROCS !
Seul dans ma tête, courtois clochard, monstre habillé pour le boulot !
CURTIS CLODO !
T’EMMÈNE À L’ABATTOIR !
Et quand j’aurai mon bistrot…
Ton sang pur sera au comptoir…

Écoute…
Ta voix intérieure.

DCD Habitat

DCD Habitat…
Opérateur global…
Dans ton logement indécent…
Du moisi paranormal…

La Moisissure te parle…
Avec sa drôle de voix.
« Ne t’en fais pas, mon gars…
T’iras pas à l’hôpital.
Hahahahahahaha… »

Dans l’utérus de moisissure,
J’ai dormi… comme un fœtus,
Un matelas pourri pour berceau,
Un studio plein de puces,
Les murs suintaient des secrets…
Des spores et des prières !
Et chaque nuit, la tache murmurait…
« JE SUIS TA VRAIE MÈRE ! »
J’ai senti mes os vibrer,
Mes veines devenir pétrole,
La Moisissure me disait…
« Laisse tomber l’école !
Laisse tomber les humains, les études et la lumière…
Tu n’es pas l’hôte… Curtis…
TU ES MA CHAIR… »
Et dans ce cloaque, sensuel et moite…
Ma rage a poussé… comme un fruit…
Les champignons… m’ont soufflé :
« Curtis… T’ES NÉ…
POUR LE CONFLIT ! »

DCD HABITAT !
TU M’AS DONNÉ UN TOIT !
MAIS AUSSI DES TENTACULES… ET…
DES YEUX QUI BRILLENT DANS LE NOIR !
DCD HABITAT !
TU M’AS CHANGÉ EN ROI !
D’UNE DIMENSION DE GOULES, DE RONGEURS…
ET DE CAFARDS !

Pour m’intoxiquer… sous ces ponts thermiques…
Fallait monter un dossier…
Preuve d’assez de fric !
La Reine de l’Immobilier doutait que je sois solvable…
« Monsieur, pour un T3,
Vos revenus sont trop instables… »
Dès la première anomalie,
J’appelai mille fois…
Mais pas de transparence…
Juste… de l’embarras…
Les ouvriers ont dû bien rire, en posant le plâtre…
Déjà au courant, de la malédiction de cet obscur cloître !
Pour descendre à la cave commune,
Pleine de flaques jaunâtres…
Le code de sécurité, c’était seize, soixante-quatre !
Entre les faux rendez-vous,
Et les prestataires fantômes…
DCD Habitat…
A FAIT MUTER TOUS MES ATOMES !

Chaque appel était un oracle !
Chaque mail un sacrifice !
Chaque fuite d’eau, un miracle !
Chaque mur moisi, un supplice !

Et dans ce cloaque…
J’ai compris…
Que La Moisissure… m’avait choisi…
Et dans ce cloaque, j’ai grandi…
UN DIEU DE L’INDIGNE…
UN PRINCE POURRI !!!

DCD HABITAT !
TU M’AS DONNÉ UN TOIT !
MAIS AUSSI DES TENTACULES… ET…
DES YEUX QUI BRILLENT DANS LE NOIR !
DCD HABITAT !
TU M’AS CHANGÉ EN ROI !
D’UNE DIMENSION DE GOULES, DE RONGEURS…
ET DE CAFARDS !

La tache a rampé… sur le sol…
Sur mes vêtements… sur ma peau…
Je suis devenu… détraqué…
La bière est maintenant… mon eau…
La Moisissure a dit :
« Tu voulais être un héros ?
Non, Curtis…
Ton nom sera Clodo.
Maintenant…
Allons régler nos comptes… »
AVEC DCD HABITAT !

DCD HABITAT !
TU M’AS DONNÉ UN TOIT !
ET J’TE RENDS LA PAREILLE,
J’TE DONNE UN DIEU DANS TES DRAPS !
DCD HABITAT !
TU M’AS FAIT DEVENIR ROI !
ET MAINT’NANT MON EMPIRE S’ÉTEND JUSQUE CHEZ TOI !

Un bon bol de bière

Avec mes céréales, je prends…
Un bon bol de bière.
Avec mes céréales, je prends…
Un bol de bière, un bol de bière…
C’est ma façon de saluer…
Ce monde pourri qui m’enterre.

La journée s’annonce dure,
Le nutri-score est dégueulasse !
Céréales goût cyanure,
Merci Nestlé, bande de rapaces !

Pourquoi ferais-je attention à ma ligne ?
Je suis déjà mort, alors pourquoi m’en faire ?
Misanthrope éternel, je vois cette fin du monde
COMME UN PUTAIN DE SIGNE DANS L’AIR.

Avec mes céréales, je prends…
UN BON BOL DE BIÈRE !
(Un bol de bière, un bol de bière !)
Avec mes céréales, je prends… un bol de bière,
UN BOL DE BIÈÈÈRE !
Un bol de bière…
Et ça m’fait croire, juste une seconde,
Que j’peux survivre à cette terre.

Avec mes céréales, je prends… un bon bol de bière.
Éthanol et saccharose à mes côtés,
Je maltraite le monde par mes vers,
Par ma bile méchante, acérée.

Ô société factice, toi qui te dis civilisée,
Tu te nourris de mensonges !
Depuis l’Empire, tu nous gaves de songes.
Police du corps, police de pensée,
Tu laisses les faibles crever sur le côté
Pendant que les puissants se gavent dans leur suffisance.
Et faudrait dire que le pays des Lumières, c’est la France ?
Un phare éteint, un mythe qui s’efface,
Slogan de rat crevé qu’on brandit pour sauver la face.

Société d’merde ! MERDE ! Tu prônes la justice ?
L’égalité pour tous ?
Mais ma petite Marianne… tes actions trahissent tes vices.
SALOPE !

Dans ma geôle, je suis devenu fou.
Devant ton clito, on est tous à genoux.
Et l’espoir s’éteint dans les cœurs… chaque jour.

Avec mes céréales, je prends…
UN BON BOL DE BIÈRE !
(Un bol de bière, un bol de bière !)
Avec mes céréales, je prends… un bol de bière,
UN BOL DE BIÈÈÈRE !
Un bol de bière…
Et ça m’fait croire, juste une seconde,
Que j’peux survivre à cette terre.

AH, JE T’EN CONJURE !
Société, bonne société…
N’aie pas pitié de moi, ô jamais, ô grand jamais.

Je regarde les dessins animés…
Ils ne passeront bientôt plus.
Rivé sur les jeux vidéo,
Car l’empathie a disparu.

Avec mes céréales, je prends…
UN BON BOL DE BIÈRE !
(Un bol de bière, un bol de bière !)
Avec mes céréales, je prends… un bol de bière,
UN BOL DE BIÈÈÈRE !
Un bol de bière…
Et ça m’fait croire, juste une seconde,
Que j’peux survivre à cette terre.

Pas défaitiste

Pas défaitiste…
Mais dans la liste des autistes…
Je coche les cases…
Sans être équilibriste.

Le monde du travail ?
Une mauvaise blague sans chute.
Entretiens au détail,
Et stages pour lesquels on lutte…

Cœur brisé, pieds niqués,
À force de me déplacer !
Le corps transformé…
En viande hachée premier prix…

J’ai trimé, j’ai sué,
Mes fluides, je les ai versés !
Pourquoi faudrait-il encore croire
En la méritocratie ?

Le zombie se dit : “Ce matin, ouais,
J’irai en stage ! Et demain ?
Ce s’ra pareil,
Mais dans une putain d’autre cage.”

Costume Clodo, tissé d’angoisse,
Le pantin gris devient fou…
Une tortue lente, sans carapace,
Qui craint de finir sans le sou…

C’est qu’il ne vit pas seul…
Et l’être aimé a peur du manque.
Une chatte chouine, l’autre feule…
Et on se fout de lui à la banque.

Vas-y respire, connard, souris…
Fais semblant d’être en vie.
On me dit parfois :
“Courage, ça ira !”
Mais j’ai plus vraiment d’estomac.

Pas défaitiste, non…
Mais dans la liste des autistes.
Pas pessimiste…
Mais loin d’être bouddhiste.
Pas défaitiste, non…
Mais dans ma tête…
C’est la déprime qui prime.

Est-ce qu’au cou, j’ai le cordon ?
Oui — et je l’ai noué seul.
Est-ce que j’ai mal fait mes cartons ?
Est-ce que j’ai peur du linceul ?

Ma sale face est en transition,
Non désirée, non consentie…
C’est douloureux…
Et c’est pas fini.

Le zombie se dit : “Ce matin, ouais,
J’irai en entretien ! Et demain ?
Avec un grand sourire,
On me fermera le chemin.”

En médiathèque, on m’a dit :
“Étudiant professionnel… vraiment…
Et pour accueillir du public…
Vous pensez être rassurant ?”

Puis laver des citernes —
J’avais pas encore parlé
Que la secrétaire, sèche, m’a lancé :
“Si c’était moi, vous savez…
Votre CV serait jamais passé.”
(Et l’entretien a commencé comme ça.)

Et la buvette alternative,
Où j’aurais pu servir des frites,
Si l’offre du gamin hypocrite
N’avait pas été fictive.

À peine trois poils au menton,
Jeune proprio peroxydé,
Il m’a juré : “Le poste est à toi,
C’est acté.”
Puis il a filé le job
À un pote “en galère”,
Un simple SMS…
Comme un nuage de poussière.

Toujours le même refrain :
“Merci, mais pas cette fois…
Pas aujourd’hui…
Pas demain.”

Pas défaitiste, non…
Mais dans la liste des autistes.
Pas pessimiste…
Mais loin d’être bouddhiste.
Pas défaitiste, non…
Mais dans ma tête…
C’est la déprime qui prime.

Je ris quand j’entends les slogans…
De la société bonne…
Bordel… leurs émissions
Sont pires que celles de carbone.

Pas défaitiste…
Mais dans la liste des autistes…
Pas optimiste…
Juste réaliste.
Pas défaitiste…
Mais dans la liste…
Je suis le dernier de la piste.

Je me branle dans ton produit

Société bonne…
Société conne…
J’ai trop de sel pour tes spaghettis…
SOCIÉTÉ BONNE…
SOCIÉTÉ CONNE…
J’AI MIEUX À FAIRE DE MON ÉNERGIE !

Je suis ton déchet préféré ! Ton désastre écologique,
Je brise ta productivité avec mon style épileptique,
Tu veux ma force, mon écorce ? Tu veux ma vie…
Mais je suis un zombie hargneux qui remonte du fond du puits !
VENU DU GRAND NORD !
POUR DÉMEMBRER TON CORPS !
Personne ne t’entendra hurler,
SOUS MA PLUIE…

Je me branle dans ton produit !
Bois mon foutre et pour ton salut, prie !
J’assume tous mes crimes !
Je me branle dans ton produit !
ET TA GUEULE… JE LA POUTRE !
Pas de répit pour ton monde sur lequel je vomis !

« Benêt ! Quand tu veux, tu peux !
Viens travailler pour du néant…
T’as intérêt à être heureux ! »
J’en ai assez d’être sage,
De jouer à leur jeu !
De gratuitement,
Toujours faire de mon mieux !
Ils veulent m’arracher les couilles avec ou sans CDI !
Curtis qui crie… en format MIDI !
Et comme dans l’intrigue d’un mauvais porno…
J’AI DU CRACHAT COLLANT POUR LEURS BUREAUX !

Mes crocs poussent bien… Et mon esprit…
Alimente la Cuve… de l’Oubli…
SOCIÉTÉ BONNE !
SOCIÉTÉ CONNE !
J’AI TROP DE SEL POUR TES SPAGHETTIS…

Je me branle dans ton produit !
Bois mon foutre et pour ton salut, prie !
J’assume tous mes crimes !
Je me branle dans ton produit !
ET TA GUEULE… JE LA POUTRE !
Pas de répit pour ton monde sur lequel je vomis !

Des limaces troublent le tableau,
Chuchotant ton effondrement,
Elles dissolvent tes certitudes,
Quand ton sourire n’est plus si blanc,
Je suis l’enfant difforme d’un orage qui n’a jamais fini…
Un spectre affamé… qui te bouffe à la billetterie !
JE MARCHE AVEC LES MORTS ! J’AI PAS BESOIN D’AMOUR !
JE FAIS FONDRE TES DOGMES, COMME DU PLASTIQUE DANS UN FOUR !
TON WAGON CRAQUE, SE FISSURE, TU NE PEUX PAS PAYER SON PRIX,
ET MÊME TES DIEUX SE PLANQUENT… QUAND J’ARRIVE DANS LA NUIT !

Je me branle dans ton produit !
Bois mon foutre et pour ton salut, prie !
J’assume tous mes crimes !
Je me branle dans ton produit !
ET TA GUEULE… JE LA POUTRE !
Pas de répit pour ton monde sur lequel je vomis !

Suce ma bite

Oh, yeah…
Suce… ma bite…
Suce… ma bite…
Suce… ma bite…
SUCE… MA BITE…

Rien à battre de ton parcours…
Ou de ta foutue réussite…
T’as traversé la rue, c’est bien…
Tu finiras sur le trottoir…
Toujours en stress… au même rond-point…
Toujours en quête… du même pouvoir…

Tu n’es qu’une catin, un pantin…
Dont les fils… commencent à se voir…
Mais on s’entend comme chienne et chien,
Parce qu’on a lu les mêmes grimoires !
Tu parles trop fort, tu penses trop vite…
Tu veux briller, tu veux tout faire…
Mais t’es un château qui s’effrite,
Un feu d’artifice à l’envers !
TU M’ÉNERVES, tu me fascines,
Tu me déchires, tu me redresses,
T’es un modèle en vitrine,
Un QI égal à tes fesses !
ET QUAND TU T’APPROCHES, JE DEVIENS IDIOT !
JE HURLE, JE CRACHE, JE PERDS MES MOTS !
JE VEUX TE FUIR !
JE VEUX TA PEAU !
Je veux te dire…
Suce… mon ego !

Suce ma bite !
Je t’aime comme un déchet amoureux !
Suce ma bite !
Je te pique pour me sentir moins creux !
Suce ma bite !
Prends tout c’que j’suis, même si c’est pas beau !
Suce ma bite !
C’est à mon tour de jouer au bourreau !

T’es un bouquet de contradictions…
Une pomme empoisonnée, pleine de vers…
T’es une chanson sans partition…
Un Soleil qui tombe en hiver !

Tu me fais rire, tu m’affrontes,
Tu me fais peur, tu me fais vivre,
T’es la machine qui me démonte,
Et la douceur qui me délivre !
Je suis ton Roi…
Ton clown, ton crétin…
TON MALADE PRÉFÉRÉ !

Je suis ton drame, ton lendemain,
Ton cabot… mal… coiffé !
Je suis ta moitié sombre,
Et ton chaos,
Ton âme sœur en lambeaux !

Et quand tu me dis…
« Reste un peu. »
Je me sens…

Presque beau !

Suce ma bite !
Je t’aime comme un déchet amoureux !
Suce ma bite !
Je te pique pour me sentir moins creux !
Suce ma bite !
Prends tout c’que j’suis, même si c’est pas beau !
Suce ma bite !
C’est à mon tour de jouer au bourreau !

Suce… ma bite !
Suce… mon ego !
Suce… ma bite !
Suce… mon ego !

Parce qu’au fond…
Je t’aime…
Trop…

Cadeau insaisissable

Est-ce que tu te souviens ?
Du Parc des Poussins ?
J’ai scellé notre union…
Dans de l’or faux et de l’étain…
Nous deux sur le tape-cul…
Vers la fin de l’hiver…
Sur une console de treize ans…
Dans un lit de travers…

Était-ce toi ou moi ?
La nuit du sacrifice…
Avions-nous deviné…
Déjà, nos cicatrices ?

Forêt magique, pieds dans la boue !
Notre premier rendez-vous !
Avant ton corps contre le mien…
Je me foutais de tout…

Qui était… allongé sur l’autel ?
Qui de nous… tenait le couteau ?
Je traverse les paradis artificiels…
Pour sentir…
Ne serait-ce qu’un instant…
Cette candeur à nouveau !
Quand pour mes émotions,
Je dois passer à table…
J’ai du mal à profiter,
De ton cadeau insaisissable…

Le souvenir de ta bouche m’ensorcelle…
Ton étreinte avait le goût du chaud…
Mais j’ai plongé, la tête première, dans la poubelle…
Mon âme… a périmé trop tôt…

Sommes-nous restés les mêmes ?!
Ou des visages déplacés ?!
Sommes-nous des marcheurs de peau ?!
Des êtres dédoublés ?!
Les vieux nous ont broyé !
Avons-nous survécu ?
Une part de toi s’est élevée…
LA MIENNE A DISPARU !

Qui était… allongé sur l’autel ?
Qui de nous… tenait le couteau ?
Je traverse les paradis artificiels…
Pour sentir…
Ne serait-ce qu’un instant…
Cette candeur à nouveau !
Quand pour mes émotions,
Je dois passer à table…
J’ai du mal à profiter,
De ton cadeau insaisissable…

Tu as porté le masque,
Pour étouffer tes pleurs,
Jusqu’au jour où ton cœur,
Sorti d’une bourrasque,
A jailli de ses cendres,
En révélant sa fleur !

Et dans la peur…
J’ai cru que tout se brisait…
Et dans la peur…
J’ai cru que tu partais…

On parlait à demi-mot…
On se frôlait, sans se comprendre…
Deux drôles d’animaux…
Qui n’osaient plus s’attendre…
Mais dans le canapé…
Tes caresses ont trouvé…
Les morceaux de silence…
Que je n’osais avouer…

NOTRE AMOUR, C’EST LES TRIPES !
LE SUCRE ET LE SANG !
On a rapiécé nos fripes…
Mais jamais de fil blanc !
Et quand nos ombres tremblent,
Je sens, sous ma peau…
Que ton cadeau fragile…
ME TIRE VERS LE HAUT !

Qui était… allongé sur l’autel ?
Qui de nous… tenait le couteau ?
Je traverse les paradis artificiels…
Pour sentir…
Ne serait-ce qu’un instant…
Cette candeur à nouveau !
Quand pour mes émotions,
Je dois passer à table…
J’apprends à recevoir,
Ton cadeau insaisissable…

Je t’aimerai toujours.

J’ai vraiment envie de manger des femmes de droite

Sur place ou à emporter ?

Alors, comme ça… t’aimes être entourée de richesses ?
Afficher ton plus beau profil, sur Instagram !
Dans ton tailleur… elles sont bien rebondies tes fesses !
Tu as peur… des vampires… des chinois… DE L’ISLAM !
Fausse activiste avec des adresses plein les poches,
T’en fais pas, tout est prêt…
POUR L’ENTRETIEN D’EMBROCHE !

J’ai vraiment envie de manger des femmes de droite !
(AAAAAAH !)
Salade, tomate, oignons et bon filet de chatte !
(OOOOOOH, OUI !)
Après leurs heures supplémentaires…
Leurs voyages ou leurs séminaires…
J’ai vraiment envie de manger des femmes de droite !

Tu cries à l’insécurité depuis ton loft climatisé,
Pendant que d’autres crèvent, pour payer ton café !
Tu dis faire des efforts, tu dis travailler plus,
Mais t’as jamais eu à payer un seul ticket de bus !

Si un jour il te prend l’envie de filmer ta bonne action,
Dans une des ruelles pleines de pisse où j’use mes pieds,
Tu s’ras victime d’une grossière… manipulation !
Tu m’diras si t’aimes toujours autant faire la charité !
Croise et décroise les jambes, dans les lieux publics !
Même si t’aimes pas trop ça, le public…
Ma belle… J’aurai un poste pour toi !
Un emploi plus que BÉNÉFIQUE !

J’ai vraiment envie de manger des femmes de droite !
(AAAAAAH !)
Salade, tomate, oignons et bon filet de chatte !
(OOOOOOH, OUI !)
Après leurs heures supplémentaires…
Leurs voyages ou leurs séminaires…
J’ai vraiment envie de manger des femmes de droite !

Pas besoin de conflit… de civilisation…
Pour vous remplacer, toi… et tes hauts talons…
Allumette faite… dans l’Enfer céleste,
Venue des sphères… où l’on retourne sa veste,
Dissimule ton orgueil !
Formule tes préjugés !
Je t’encule…
Toi et ta culture PRÉFABRIQUÉE !
Cochon, élevé pour la boucherie !
J’ai presque pitié pour toi, dans mon four !
JE SUIS L’ÉTRANGER QUI TE DONNE DE L’AMOOOUUUR !
ET QUI ÉCRIT TA FICHE PRODUIT !
AAAAAAH !

J’ai vraiment envie de manger des femmes de droite !
(AAAAAAH !)
Salade, tomate, oignons et bon filet de chatte !
(OOOOOOH, OUI !)
Après leurs heures supplémentaires…
Leurs voyages ou leurs séminaires…
J’ai vraiment envie de manger des femmes de droite !

Brasseur d’air

À la brasserie d’air, on m’a renvoyé…
De toute manière, j’étais même pas payé…
Je brassais du vent, ça faisait tourner leur moulin…
Fermenteur à récurer et coupures sur mes mains…
Je servais du vide en bouteille, du progrès en canette !

Et quand j’ouvrais la gueule, on me disait :
« Silence… ou fais la quête. »

BRASSEUR D’AIR !
TRAVAILLEUR DU VIDE !
Je souffle sur le monde…
MAIS QUI LE SENT ?
BRASSEUR D’AIR !
POÈTE RATÉ LIVIDE !
J’fais tourner leur machine…
EN DISPARAISSANT !

Le patronat invente un sigle à la con pour chaque chose…
Diaporama Q-H-S-E provoquera mon P-D-T-G,
L’État n’est qu’une start-up de plus dans un présent morose,
Tu connais l’I-N-S-P-E ?
Ils ne savent pas enseigner !
Ça fout la gerbe de voir l’intolérance, dans les rangs,
De ceux censés ouvrir l’esprit des enfants!
C’est sans doute grâce à eux que je ne vis que pour déplaire !
C’est sans doute grâce à eux qu’aujourd’hui…
Je brasse de l’air !

BRASSEUR D’AIR !
TRAVAILLEUR DU VIDE !
Je souffle sur le monde…
MAIS QUI LE SENT ?
BRASSEUR D’AIR !
POÈTE RATÉ LIVIDE !
J’fais tourner leur machine…
EN DISPARAISSANT !

J’ai trouvé mon nom barré dans les archives du vent,
Rangé dans un dossier, classé « gauchiasse décadent »,
Le Dieu du Rien m’a dit : « Fils, t’étais pas sur la liste…
On t’a oublié au tri entre un fantôme et un fumiste ! »
J’ai vu Éole… en RTT, épuisé par les tempêtes,
Hermès crouler sous les mails, les ailes prises dans les dettes !
On m’a dit : « Brasse encore, tu fais partie du système ! »
MAIS JE SUIS L’OXYDATION DANS LEUR PANTHÉON DE PROBLÈMES !

Ils veulent des héros… flexibles !
Des salariés… jetables !
Des vies compressibles…
Des rêves recyclables !
Moi, je brasse de l’air !
(J’y crois encore…)
Envers et contre tout !
(Je brasse plus fort…)
Que leur usine de la mort !

BRASSEUR D’AIR !
JE PRÊCHE LA DÉMENCE !
Je souffle sur vos murs…
ILS TOMBERONT EN SILENCE…
BRASSEUR D’AIR !
ARTISAN D’INSOLENCE !
Je nique la dictature…
PAR SIMPLE TURBULENCE !

Ma famille dysfonctionnelle

Quator passé… du bitume à la verdure…
Perdu dans l’ancienne ville du sucre…
Bordé par une nouvelle forêt, loin des querelles…
Bienvenue dans ma famille… dysfonctionnelle…

Ma famille…
C’est Tchernobyl aujourd’hui !
Comme une école de mutants,
Mais on survit…
Ma famille…
C’est du poil qui scintille !
Des câlins radioactifs,
ET DES MONSTRES QUI VRILLENT !

La minette la plus jeune a un poil de charbon,
Des yeux de merlu… et son cri c’est « Wéon » !
Voleuse d’élastiques en chaussettes blanches,
Ses tuteurs précédents… s’y sont pris comme des manches !
C’est un agent pas secret qui a toujours besoin d’aide !
Elle appelle depuis les étagères, les recoins et les plaids !
Un petit démon tendre, une fouilleuse de poubelles…
Dans ma famille dysfonctionnelle !

La minette la plus âgée est comme une glace trois parfums,
Chocolat, café, vanille et un air faussement serein !
Heaume de combat sur sa tête… L’allure solennelle,
Avec les grosses larmes de sang de son passé de rebelle !
L’héritage du terrain vague où elle était farouche maman !
C’est maintenant la gardienne du foyer, la reine du divan !
Sur les fenêtres, elle voit le Grand Chat du Ciel…
Dans ma famille dysfonctionnelle !

Ma famille…
C’est Tchernobyl aujourd’hui !
Comme une école de mutants,
Mais on survit…
Ma famille…
C’est du poil qui scintille !
Des câlins radioactifs,
ET DES MONSTRES QUI VRILLENT !

La Conscience de ce quatuor vit entourée de bouquins,
Classe l’Univers entier pour contrôler son Destin !
Connaît chaque symptôme, chaque micro maladie,
Rumine comme un moine perdu dans une abbaye !
Disparaît toujours, quand il faut faire la vaisselle !
Revient en renfort, quand la vie devient cruelle !
Animal hyperactif, cerveau en cavale…
Un cœur trop grand, un humour phénoménal !

Et puis, y a l’autre, le fou… Celui qui crie…
Qui brasse de l’air, du vent… Des projets pourris !
Un créateur content pour rien ! Déprimé pour tout !
Qui organise des vacances dans le monde d’en dessous…
Un prophète de caniveau qui disperse son sel !
Une goule fatiguée à peine sortie du tunnel !
Un chanteur bancal, un paumé qui chancelle…
MAIS QUI VEILLE ENCORE SUR SA BANDE ÉTERNELLE !

Ma famille…
C’est Tchernobyl aujourd’hui !
Comme une école de mutants,
Mais on survit…
Ma famille…
C’est du poil qui scintille !
Des câlins radioactifs,
ET DES MONSTRES QUI VRILLENT !

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