
Samedi 25 octobre, l’étage du Pixel Brewery a accueilli une créature et ceux qui venaient la nourrir : mi-curieux, mi-complices. J’ai affiché un nouveau visage. Vous avez répondu présent.
J’ai lu — parfois hurlé — mes pages comme on lâche des chiens de garde : l’histoire d’Éric Mayer vous a griffés, et vous en avez redemandé. Sur ma chaise, j’ai pris la place du conteur et, par les images projetées et le son, celle du metteur en scène. La soirée s’est tenue sous la respiration du Prince impie, sa majesté sanguinaire et son rire noir.

Vos voix après la lecture ont joué le rôle d’hosties dans notre petite église malfamée : on s’est présentés, on a parlé des parties du texte qui tenaient, qui mordaient, de ce qui avait pris dans ma voix ou dans les illustrations. Bibliophiles de l’inquiétant, rôlistes aussi pâles que des vampires, théâtreux possédés, âmes en peine chauffées à blanc — vos sourires furent les meilleurs sacrifices.
Un immense merci à vous toutes et tous qui avez rendu « Daimôn » plus vivant. Merci aussi à Nico, qui a ouvert la porte du Pixel, monté le rituel et accepté de distribuer mes livres ; pour acheter « Daimôn » ou « La Religion du Daimôn », vous pouvez aussi vous adresser à lui.
La soirée a laissé l’odeur familière de la sueur et de la bière, et surtout le goût d’un revenez‑y : vous avez été délicieux. Je suis arrivé anxieux, je suis reparti gonflé à bloc. La littérature qui tient, la littérature personnelle, fait toujours un peu mal. Cette douleur vient avec un plaisir qu’on ne sait pas dire autrement.


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